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vendredi 11 février 2011

"Art et Culture" de Clement Greenberg

Dans les années 1950, le milieu de la peinture new-yorkaise produit des œuvres qui sont considérées comme l'avant-garde mondiale. On y trouve des peintres comme Robert Motherwell, Lee Krasner, Jackson Pollock, Philip Guston.
C'est dans ce riche environnement que Clement Greenberg écrit "Art et Culture", recueil d'essais sur la sculpture, la littérature et la peinture.
Greenberg nous parle des modèles des artistes new-yorkais : les peintres européens de la fin du 19ème et de la première moitié du 20ème siècle, notamment Monet, Renoir, Picasso.
Ces artistes européens sont des phares éblouissants pour la scène artistique new-yorkaise ; tellement éblouissants que les new-yorkais veulent s'en affranchir en réalisant des œuvres typiquement américaines.
"Art et Culture" est une déclaration d'amour à la peinture de chevalet, au moment où Jackson Pollock peint sur de la toile déroulée sur le sol, sans format prédéfini.
Le grand jeu, la grande recherche de cette période, c'est l'abstraction. Clement Greenberg analyse cette démarche, ainsi que le collage.
Ce livre nous parle également d'éducation artistique. Un apprentissage de l'histoire de l'art, nous dit Greenberg, est nécessaire pour que le public puisse estimer les œuvres modernes à leur juste valeur.


Clement Greenberg, Art et Culture, Paris 1988

vendredi 14 janvier 2011

ORLAN

ORLAN, artiste, née à Saint-Etienne. Elle vit et travaille entre Paris, Los Angeles et New York.

ORLAN parodie la façon dont l'art occidental interroge la sexualité, la religion et le corps humain.

Elle a réalisé notamment plusieurs séries de photographies.

Dans la série "corps sculpture", l'artiste pose nue, dans des photographies en noir et blanc. Nous voyons des poses de statues antiques, avec un masque de diable : c'est l'histoire de l'art revisité. Parfois, le personnage féminin du tableau classique (nous savons qu'il s'agit d'un tableau classique au vu du cadre) prend son indépendance et sort du tableau.

Dans la série "skaï and sky and video", ORLAN est habillée par les vêtements drapés des peintures de la renaissance, mais de couleur noire, ce qui est nouveau. Nous voyons son sein. Ce sein apparaît dans toute la peinture et la sculpture classique, mais jamais sortant d'une toge antique.


ORLAN a bien voulu répondre à quelques questions. Nous l'en remercions.


Avec combien de personnes travaillez-vous ?

Selon les projets cela varie. Pour vous donner des exemples, pour ma prochaine œuvre présentée au Centre Pompidou, je travaille avec un producteur délégué extérieur, tandis que pour mon projet de commande publique, je collabore avec des entreprises extérieures et un architecte. A mon atelier, j’ai l’habitude de travailler avec deux ou trois assistants.


A qui s'adresse votre travail ?

Je cherche à communiquer des idées aux autres, sous une forme plastique.


Dans l'histoire des arts plastiques, les artistes ont toujours cherché à assimiler les arts qui les ont précédé, à en explorer les limites, voire à en détruire les valeurs. Quelles limites souhaitez-vous explorer, quelles valeurs souhaitez-vous dépasser ?

Il ne s’agit pas de dépasser les limites seulement pour dépasser les limites. Je ne suis pas dans la performance sportive, je ne souhaite pas paraître dans le Guinness des Records. Je cherche à interroger le statut du corps et les pressions sociales, politiques ou religieuses qui s’y impriment, et je pointe ce qui ce passe en ce moment, mais parfois, cela est jugé comme étant scandaleux.


Votre travail s'adresse-t-il aux générations futures ?

Nous ne pouvons qu’être des chroniqueurs de notre temps, mais des chroniqueurs éveillés qui évaluent ce que seront les conséquences de nos actes présents.


Quels artistes classiques vous plaisent ou vous inspirent ?

Je citerais Le Bernin, Le Caravage, Marcel Duchamp, Andy Warhol, et Hannah Höch.


Qu'est ce que l'art ?

Je vous renvoie à ma réponse faite dans le livre Pourquoi y a-t-il de l’art plutôt que rien ? aux éditions Archibooks, 2009, page 109 :
« Je parlerai à partir de l’art détaché de la « création » non aliéné au sacré et à l’hypothèse de dieu
un art de « la production artistique »
un art capable de distance, de critique, d’évaluation, de projection, d’élaboration, d’introspection et de rapports aux autres donc aussi aux autres cultures et « à ce peuple qui manque » dont parlaient Paul Klee et Gilles Deleuze,
un art faisant l’analyse de l’art et de la situation présente de notre temps
un art utilisant peut-être Narcisse, mais celui qui ne se perd pas dans son reflet
un art des nuances, et du parti pris fort, un art de la construction mentale
un art plus dans le rapport que dans le support
un art qui, comme la tendresse, l’empathie, l’humour, l’esprit, le rire... tel tout ce qui fait partie des qualités spécifiques à l’être humain qui sont dans la nuance, le subtil, la complexité...
donc d’un art autre que le « fait sous soi » ou « l’accouchement », c'est-à-dire du minimum : de la machine mise en route par dame-nature, du rien
un art construit avec du « presque rien », du « je ne sais quoi »
un art qui questionne ce presque rien
un art qui est ce presque rien qui fait toute la différence dont ce presque rien est avant tout une position consciente du monde et de l’histoire de l’art, un presque rien qui est avant tout une position consciente et un parti pris fort »

samedi 18 décembre 2010

Les estampes japonaises

A partir du 17ème siècle, la pratique de la gravure sur bois se développe au Japon. Ce mouvement est appelé "ukiyo-e". Il s'agit d'un art populaire, un divertissement prisé par la bourgeoisie japonaise. Parmi les artistes de cette école ukiyo-e, on trouve Hokusai (1760-1849) et Hiroshige (1797-1858).

Le 19ème siècle est une époque d'influences réciproques entre l'art japonais et l'art occidental. Les peintres japonais découvrent ainsi la perspective. Les artistes japonais du 19ème siècle seront une source d'inspiration pour les impressionnistes français.

Le terme ukiyo-e signifie "images du monde flottant". Effectivement, ces images flottent, avec leurs paysages d'eau, de pluie, de mers et de rivières, leurs longs élancements dans les personnages. Les formats verticaux très étirés font que le sujet est happé vers le haut, la pesanteur n'a plus d'effet.

Dans "Huit vues panoramiques de Kanazawa sous la pleine lune", gravure sur bois de Hiroshige datée de 1857, nous nous trouvons en présence d'un paysage vu de haut, dans une atmosphère lunaire.
Le paysage s'étale sur plusieurs plans. Au premier plan, les villages avec des toits simples (petites formes géométriques). Au fond, nous voyons la silhouette des montagnes (de molles ondulations de couleur gris clair). Sur la mer, une voile, représentée par un petit carré blanc.
Il y a 2 couleurs dans cette gravure, le gris et le bleu. Par endroit, nous voyons également le blanc du papier.
Cette oeuvre est aérienne, calme, légère, fraîche et discrète.

Bibliographie : Neuer, Libertson, Yoshida, UKIYO-E, Paris 1985.

dimanche 31 octobre 2010

Entretien avec Dan Jacobson, artiste, né en 1942.

Dan Jacobson nous parle de son travail :

J'ai toujours voulu être peintre, je suis diplômé de l’Ecole des arts graphiques Estienne. J'ai étudié l'histoire de la peinture.
Mon évolution est passée de l'impressionnisme à l'expressionnisme. Puis ma touche s'est affinée jusqu'à l'hyper-réalisme. J'ai alors opté pour le maxi-réalisme, entre le surréalisme et l'hyper-réalisme.
Le maxi-réalisme, c'est le rêve du réel, là où le rêve l'emporte sur la réalité.
Je ne veux pas faire de répétition en peinture, je pense que l'on peut être nouveau avec la figuration.


Combien de temps vous prend votre travail ?

Tout mon temps. Je peux passer 10 à 12h par jour sur une toile. Je fais des croquis et des études en aquarelle.


Travaillez-vous avec d'autres personnes ?


Non.


Pour qui peignez-vous, pour vous ou pour les autres ?


Pour moi. Mais j'aime bien en discuter avec les autres. J'aime bien la reconnaissance.


Peignez-vous pour gagner de l'argent ?


Je ne peins pas pour gagner de l'argent, mais si mes toiles se vendent, je continue. J'ai acquis une telle notoriété que si les gens veulent une toile, ils me la commandent. La valeur d'une peinture et la création d'une peinture, c'est différent. Je préfère vendre mes toiles à des gens qui s'y intéressent, plutôt que de créer une surcote.


Peignez-vous pour être reconnu ?


Ce n'est pas déplaisant d'être reconnu, on a tous son petit égo. Je souhaite évoluer le plus loin possible dans ma peinture. Il ne faut pas avoir un égo surdimensionné.


Quels artistes classiques vous plaisent ou vous inspirent ?


Edward Hopper, Caspar Friedrich, et Claude Gellée dit le Lorrain. Chacun est le maxi-réaliste de son époque.


Qu'est ce que l'art ?


Je ne peux pas répondre à cette question. C'est une façon de vivre, d'exister. Je vis essentiellement de ma peinture ; je suis un grand égoïste.


Pensez-vous que vos oeuvres seront utiles aux générations futures ?


C'est trop prétentieux. Je n'en sais rien. Je sais où je vais dans mon monde et je veux vivre le temps présent.

samedi 9 octobre 2010

Entretien avec Honoré d'O, artiste

Combien d'heures passez vous à travailler chaque semaine ?

Beaucoup ; cela me prend 75% de mon temps.


Travaillez-vous avec d'autres personnes ?

Non.


Comment décrivez-vous votre démarche artistique ?

C'est un langage.


Quelles artistes classiques vous plaisent ?

Le professeur que j'avais étant enfant.


Qu'est ce que l'art ?

C'est une attitude pour survivre.
Je souhaite avoir un certain degré de qualité de vie.
J'ai besoin de faire de l'art, de trouver des formes, d'exprimer le sentiment que j'existe, de voir les résultats, de continuer à vivre.
Je trouve que la société autour de nous est incroyable, et j'ai besoin de trouver mon propre standard.

samedi 11 septembre 2010

Entretien avec Marie-Jeanne Rabé, artiste :

Quel est votre atelier? Combien de temps passez-vous dans votre atelier ?

J'étais à la caserne Bossut à Pontoise. Actuellement, je travaille chez moi, mais c'est trop petit.
Le temps que j'y passe est très variable.


Quels artistes vous influencent ?

Aucun.


Comment décrivez-vous votre démarche artistique ?

Une démarche politique au sens large. J'interpelle les gens sur les fonctionnements sociaux. Je ne fais pas du beau.
Quand les situations me choquent, je créé quelque chose de visuel qui transcrit mon sentiment.

mercredi 11 août 2010

Bili Bidjocka "Fictions #3"

Exposition de Bili Bidjocka "Fictions #3"
Abbaye de Maubuisson, site d'art contemporain
avenue Richard de Tour
95310 Saint Ouen l'Aumône

Exposition jusqu'au 30/08/2010.

Cette exposition montre différentes installations : dans la grange, de longues robes sont suspendues au plafond. Des néons éclairent la salle d'une lumière faible et changeante.

Dans une autre pièce, des vidéos sont plutôt attirantes. On rejoint ici la télévision.

Ailleurs, des perles tissées qui paraissent grandioses, inaccessibles ; un échiquier dont les pièces sont des robes.

C'est nouveau, intrigant, cela pose des questions. C'est bien le moins que l'on puisse demander à l'art.