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samedi 14 juillet 2012

Les Maîtres du Désordre

Le Musée du quai Branly présente une exposition sur le chamanisme et ses objets. Le chamanisme, rite de communication avec les esprits, que l’on retrouve dans toutes les cultures, est le prétexte à la fabrication de masques, de costumes, de statuettes. Ces objets expriment pleinement les interrogations spirituelles de ces populations vivant en communion avec la nature.

Le chamanisme existait dans toute l’Eurasie, de la Sibérie à l’Europe, en passant par la Chine et les steppes mongoles. En Afrique et en Amérique, nous avons aussi des rites de communication avec l’au-delà. On retrouve toujours un prêtre, un sorcier qui passe dans le monde des esprits ou des ancêtres pour communiquer avec eux. Il s’agit d’assurer la protection des populations, de guérir les maladies, d’apprivoiser les mauvais sorts.

Pour ces intermédiaires entre le monde réel et le monde spirituel, les costumes jouent un grand rôle. Des costumes excentriques, colorés, multiformes. L’exposition du musée du quai Branly nous montre des masques (par exemple ce « masque de chamane », population tlingit, côte nord-ouest des Etats-Unis, 19è siècle).

Les chamanes sont aidés dans leur voyage vers l’au-delà par des « esprits auxiliaires » qui les aident et les guident. Ces esprits auxiliaires sont représentés par des statuettes en forme d’animaux (« esprit auxiliaire de chamane - figure de coucou », population touva, Sibérie, début du 20ème siècle, bois, tissu, pigments).

Le voyage vers l’au-delà est symbolisé par les « véhicules » utilisés par le sorcier. Différents objets sont utilisés, comme ce « bâton de chamane » de la population khakasse, Sibérie, début du 20ème siècle, bois, cuir, cuivre, coton, tissu.

Au Chili, la sorcière monte sur un poteau en bois sculpté, orné d’une tête, pour communiquer avec le mode des ancêtres. La « maachi », prêtresse chilienne, chante et joue du tambour. Ses messages divins sont ensuite traduits. La « maachi » est une guérisseuse, et elle prédit l’avenir (« Poteau cérémoniel », population mapuche, Chili, 20ème siècle, bois).

En Afrique, on sculpte des statuettes rappelant une forme humaine. Elles font l’objet de cultes, pour protéger la communauté. Nous voyons notamment Mbotumbo, un esprit de la brousse qui fertilise la terre et écarte les mauvais esprits (« Mbotumbo », population baoulé, Côte d’Ivoire, 20ème siècle, bois, textile, fibres végétales, terre, sang séché).

Nkisi Nkoudi est une statue qui permet d’identifier les maux, physiques ou psychologiques. Le prêtre la recouvre de matière, la touche, énonce des phrases. Les matières, clous, coquilles de mollusques, cailloux, sont les expressions des maux que l’on cherche à découvrir (« Nkisi Nkoudi », population kongo, RDC, 19ème siècle, bois, métal, cuir, coquillage, résine, pigments).

Dans la Rome antique, les bacchanales étaient des fêtes qui avaient lieu sous le patronage de Dyonisos, dieu de l’obscurité. L’hiver était la période propice aux apparitions et aux célébrations des esprits. Dans la nuit, on imagine plus facilement des présences occultes (« récipient à figures noires figurant un défilé de bacchantes », Grèce, 4ème – 6ème siècle av. J.C., céramique).

Ces objets ont donc véritable fonction sociale. Ils sont utilisés lors des cérémonials. La force de ces objets est guidée par le sens spirituel qu’on veut leur donner.

Les Maîtres du Désordre
jusqu’au au dimanche 29 juillet 2012

Musée du quai Branly
37, quai Branly
75007 Paris

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