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lundi 18 février 2013

Hannah Villiger


Le Centre Pompidou à Paris présente actuellement dans sa collection contemporaine des photographies de Hannah Villiger. Cette artiste suisse, née en 1951 et décédée en 1997, a réalisé des photographies du corps humain et de paysages enneigés. Les travaux présentés sont de grands tirages photographiques dans lesquels nous voyons des images violentées, penchées, enivrantes. 

« Skulptural n° 344 » (1989) montre deux mains qui se rejoignent. Les pouces se touchent. Le courant passe d’une main à l’autre.

« Skulptural n° 352 » (1989) est un jeu de miroirs dans lequel une main saisit le bord d’une porte. Tout est vitré. Ce ne sont plus deux mains mais quatre ou cinq mains qui, grâce aux reflets, se touchent. C’est sensuel et chaud avec de profondes parties noires. 

« Platz » (1985) est une photographie de voitures garées sous la neige. L’arrière des véhicules créé des présences sombres. A gauche, la route est une trace verticale comme une raclure dans une peinture abstraite. Les ombres apportent une teinte bleutée. La neige commence à fondre et des zones noires apparaissent ça et là. L’œuvre vit, bouge, tremble.

« Platz » (1985) est une vue de haut. Une vue urbaine sous la neige. La rue dessine deux traits noirs. Les arbres sont des silhouettes cristallisées et figées, carbonisées. Il y a aussi des maisons, penchées comme la photo, aux façades et aux toits blancs, inexistants. Deux personnages vont faire leurs courses. Des panneaux routiers sont eux aussi les signes d’une circulation dans cet étrange monde renversé. 

Avec Hannah Villiger, les formes humaines sont maltraitées. Nous risquons de nous blesser avec les miroirs ou en tombant dans les photos retournées. Nous perdons la raison. Notre tête tourne. Sommes-nous malades ? Ou sommes-nous simplement artistes ?

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