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samedi 14 avril 2012

Edvard Munch

En 2011, le Centre Pompidou exposait une rétrospective des œuvres d'Edvard Munch, peintre norvégien (1863 - 1944). La peinture à l'huile sur toile est un médium ancien, noble et brillant. Il a ses contraintes techniques, ses règles de bonnes pratiques. Mais que se passe-t-il si on ne respecte pas ces règles ? Si on utilise la peinture comme de l'aquarelle, en jus dilués, ou si on laisse la toile apparente ? Cela ne fonctionnera pas. Sauf pour Edvard Munch qui a réalisé de superbes toiles sans respecter les règles habituelles de la peinture à l'huile.

L'exposition commence par des peintures colorées, déliées, en mouvement. Il y a des traits libres, arrondis qui s'enroulent. Puis de grandes toiles, représentant des personnages du quotidien dans des univers sombres. Des œuvres rudes dans leurs traitements, leurs sujets, leurs contrastes de couleurs.

Nous voyons de forts bleus sur fonds blancs. Les personnes sont vues de face sous des lumières crues, comme si elles étaient prises en flagrant délit. Les têtes sont rasées, les peaux sont jaunes acides. Et les traits sont si peu finis. La peinture n’est pas du tout brillante, mais plutôt rêche, mate.

« Le tronc jaune » (huile sur toile, 1912) est une vue de forêt enneigée, avec un tronc d’arbre abattu. On voit sa section jaune vif, qui tranche avec la couleur des arbres encore debout. Ceux-ci sont violets.

« Le soleil » (huile sur toile, 1913) est un paysage très fort avec un soleil éclatant vu de face, en plein milieu de la toile. Les rayons solaires illuminent et traversent tout le tableau en traits concentriques. Il n’y pas de finition mais de grosses touches de peinture, et toujours le blanc de la toile qui transparaît.

Dans l'« autoportrait à la grippe espagnole » (huile sur toile, 1919), nous voyons l’artiste assis. Il porte des vêtement marrons, le siège est d'un jaune vert acide, le fond est ocre blanc avec des verts aigres. L’œuvre reste à l’état d’esquisse.

Avec « La bagarre » (huile sur toile, 1935), nous sommes dans un quartier résidentiel. Le sol est peint en violet clair. Deux personnages se battent. L'un est habillé en blanc, l’autre en noir. Celui en blanc a la tête jaune avec des coulures de sang. Il y a de vagues silhouettes à l’arrière. La toile est peinte comme à l’aquarelle. Le fond de la toile joue en donnant une tonalité aux lavis dilués de couleurs.

Edvard Munch est un peintre expressionniste, dont la ligne est tout en ondulés. C’est un coloriste, qui peint des couleurs grises, sales. Ses toiles donnent l'impression d’être poussiéreuses. Ce sont toujours des mises en scène de situations de la vie quotidienne. Les gens semblent vivre dans l’inconfort, ils sont mal, malades. L’âpreté de la vie quotidienne, les conditions climatiques, le froid, transparaissent dans ces œuvres, de même que la lumière blafarde. Une lumière dont on ne sait pas trop d’où elle vient. Elle ne vient en tout cas pas d’un soleil réchauffant, au contraire.

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